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Ce vieux cépage, parfois oublié, en tout cas sous-estimé, a longtemps été marié de force avec la crème de cassis. Mais l’aligoté retrouve des couleurs aujourd’hui. Celui que l’on utilisait pour casser la croûte dans les vignes, s’invite sur les tables plus cossues... |
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:: Bouzeron, A & P de Villaine
Aubert de Villaine a deux amours, Vosne-Romanée et Bouzeron. Un complet décalage entre l’un des vins les plus chers de la planète et le petit village du nord de la Saône-et-Loire. C’est pourtant ici qu’il a construit avec son épouse américaine, Pamela, son domaine (en culture biologique depuis 1986 !). Tous les vins produits ne sont pas exclusivement issu de l’aligoté, il a fallu se diversifier et s’ouvrir au pinot noir et au chardonnay mais la réputation a été construite grâce au Bouzeron, « sec mais tendre », avec cette « agréable vivacité désaltérante ».
> Plus d’infos au domaine : 71150 Bouzeron // Tél. : 03 85 91 20 50 ou www.de-villaine.com
:: Bourgogne aligoté, Paul et Henri Jacqueson
La famille Jacqueson est installée à Rully mais n’a jamais cachée son amour pour le cépage aligoté. Le domaine propose un Bouzeron (à partir de vieilles vignes d’aligoté) et un Bourgogne aligoté plus dans la lignée des véritables aligotés, sur le fruit. Ne cherchez pas la longueur et la complexité aromatique, ce vin, élevé en fûts, se veut minéral, vif et léger, en bouche et dans notre bourse (entre 7 et 8 euros et 9 euros pour le Bouzeron les Cordères).
> Plus d’infos au domaine : 5 et 7, rue de Chèvremont 71150 Rully // Tél. : 03 85 91 25 91
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TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR L'ALIGOTÉ |

La première impression nous laisse à penser que c’est un petit vin blanc, de ceux que l’on boit sous les tonnelles ou in situ, dans le vignoble. C’est le canon du vigneron, celui que l’on débouche dans les rangs de vignes après quelques suées matinales. L’aligoté vient vous « refaire le palais », comme on dit parfois. Le réveil du vigneron. Non pas que nos chers producteurs se lèvent du bon pied avec leur bouteille à la main. Bien sûr que non. Dans l’inconscient collectif, le vigneron est un travailleur qui se lève tôt. Lorsque le citoyen moyen projette difficilement sa main sur son réveil, le vigneron lui, a déjà quelques heures de dur labeur derrière lui. À l’heure où le Français beurre sa tartine en baillant, le viticulteur jette ses bottes crottées de boue pour s’amuser la bouche avec quelques victuailles réconfortantes. Un cliché qui en fera sourire plus d’un.
:: Bouzeron, capitale de l’aligoté
L’aligoté est né d'un croisement entre le pinot noir et le gouais (cépage gaulois aujourd’hui disparu). Ce cépage bourguignon rustique et fertile est cultivé depuis fort longtemps, au moins depuis le XVIIe siècle. C’est un vin sans prétention qui ne gâche rien, pas même le plaisir de s’offrir un vin blanc tout ce qu’il y a de plus simple, sec, à la vivacité parfois déconcertante. D’aucuns diront qu’il peut se révéler « impertinent ». Mais sa force laisse apparaître un final rafraîchissant et fruité. Un conseil, ne remplacez pas votre café au lait matinal pour tenter d’imiter l’ouvrier vinicole qui a travaillé pendant que vous étiez sous la douche. L’acidité de ce cépage, finalement assez méconnu, a de quoi vous surprendre. À tel point que l’on décida souvent de l’associer à la fameuse crème de cassis de Dijon, sensée adoucir son caractère jugé trop rugueux pour notre société. Pendant des années, le blanc cassis (le kir étant une marque déposée par Lejay-Lagoute) aura ainsi raison des vertus de ce vieux raisin bourguignon. Mais les temps changent. L’aligoté semble retrouver de la vigueur dans une société en crise, à la recherche de vraies valeurs. Les viticulteurs ne le réservent plus seulement à leur propre consommation, voilà qu’ils le commercialisent fièrement. Il méritait bien cela, lui qui représente pas moins de 6% du vignoble bourguignon. Présent dans trois départements (Côte-d’Or, Saône-et-Loire et Yonne) et près de 300 communes, il est devenu appellation d’origine contrôlée (Bourgogne aligoté) depuis 1937. En 1997, Bouzeron (et Chassey-le-Camp, autre petit village de Saône-et-Loire) en a même fait une appellation à part entière, la cinquième de Saône-et-Loire, exclusivement plantée en aligoté. Une atypicité dans une Bourgogne traditionnellement vouée au chardonnay et au pinot noir. Héritage des moines de Cluny, l’aligoté est ici chez lui, courant sur une superficie comprise entre 50 et 60 hectares. Aujourd’hui, le vieux cépage fait son grand retour et parfois même sur les grandes tables, grâce aux domaines qui ont su le remettre au goût du jour : Roulot, Chavy, Colin, Jacqueson, Mikulski, Coche-Dury, Lamy-Pillot, Confuron, Clavelier, Olivier Leflaive… L’aligoté, séduisant de par son rapport qualité-prix, vient ainsi rivaliser avec certaines grandes appellations.