
Résumé des épisodes précédents : il n’existe pas en Europe de vins bio. Seule l’agriculture est reconnue et certifiée biologique. Cela sous-entend que le bio s’arrête aux portes de la cave, dès que les raisins sont récoltés et passent en cuves. Voilà pour les textes de loi. Cela fait plusieurs années que viticulteurs et consommateurs attendent de l’Europe une réponse concrète. Un consensus a enfin été trouvé avec et l’Europe a officialisé le 8 février dernier la certification des vinifications en bio. À partir de la récolte 2012, les vignerons respectant le cahier des charges européen pourront donc apposer le nouveau logo sur les étiquettes. C’est une bonne nouvelle qui devrait dynamiser un secteur qui avait tendance à utiliser beaucoup de produits dangereux à la santé. Et pas que la nôtre. Les premières victimes de l’usage des produits phytosanitaires sont les viticulteurs eux-mêmes. « Des services de cancérologie voient apparaître des agriculteurs plutôt jeunes avec des cancers de la prostate, de la vessie. Ils appellent ça “la maladie du viticulteur” », constate l’association Phyto-Victimes dans un article paru dans le Journal du dimanche.
Et pourtant, malgré le démarrage du plan « Écophyto », issu du Grenelle de l’environnement, qui vise à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici à 2018, les résultats ne s’améliorent pas en France. Entre 2008 et 2010, l’usage des pesticides en France a augmenté de 2,6% pour les traitements foliaires et de 7% pour les traitements de semences. Heureusement, même timide, la progression du bio quant à elle se poursuit. Un paradoxe de plus pour le premier pays producteur de vin dans le monde.
PL