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Dégustation people

Amoureux des belles lettres et des belles bouteilles, Jacques Dupont, journaliste au Point, est devenu une référence dans le petit monde fermé des grands dégustateurs.

Jacques Dupont © Divine Comédie

Jacques Dupont, c'est un peu l'histoire de la dégustation à lui tout seul. Un mec, bien évidemment, pas du tout destiné à roder dans les palais brillants qui accueillent les grandes dégustations de ce monde. L'Amérique a Parker, la France a son Dupont. Et on est bien content comme ça. Le célèbre journaliste, passé par Gault-Millau, a commencé sa carrière en tant que militant d'une petite radio presque pirate défendant les intérêts des sidérurgistes, déjà laissés sur le carreau. Jacques Dupont aurait pu rester homme de radio, c'était un rédhibitoire pour cet homme de presse, amoureux d'abord des belles lettres avant de tomber dans le monde du vin.

On le retrouve quelques années plus tard, à la tête de la rubrique vin du Point. Le seul hebdo séduit par sa proposition de faire du vin, « la boisson branchée des anciens soixante-huitards », un argument de vente du magazine. Lorsque Jacques lance son « spécial vin », le journaliste ne s'attend pas à ce que le supplément devienne la meilleure vente du Point. Libé et tous les autres journaux, qui lui avaient fermé la porte au nez, s'en mordent encore les doigts. Car depuis, Jacques Dupont et Le Point sont devenus des références dans le petit monde fermé du vin. Mais le journaliste, qui a élu domicile dans l'Yonne, où il s'enferme pour rédiger ses « Spécial vin », n'a pas pris la grosse tête pour autant. Il est même considéré aujourd'hui comme un des dégustateurs les plus intègres. Du genre de ceux qui se baladent avec leur propre verre de dégustation. Méticuleux, le garçon.

Chablis Raveneau © Divine Comédie

Chablis premier cru Forêt 1995, Jean-Marie Raveneau

Résultat : pas de copinage, pas de pots-de-vin... Même de son grand ami Jean-Marie Raveneau. Alors lorsqu'il débouche un Chablis premier cru Forêt 1995, Jacques Dupont nous explique qu'il n'est pas de ceux qui profitent du système. Il préfère d'ailleurs parler de son ami. Jean-Marie Raveneau, c'est un peu l'âme de Chablis finalement. Son nom suffit à lui seul pour faire saliver les amateurs. Ces chablis font le tour de la terre et s'arrachent. Ce succès le dépasse un peu Jean-Marie Raveneau. Mais le vigneron, n'en a pas profité pour spéculer. Difficile de s'en procurer je sais, mais il faut goûter ce vin plein de générosité. Ce Forêt premier cru est « lacté et minéral avec cette trace de champignon blanc », raconte le journaliste. The Raveneau touch. C'est vif et souple à la fois, ce n'est pas du vin blanc, ni un Chablis, c'est un Raveneau, tout simplement.

Choses bues, Jacques Dupont © Grasset

Pour les fans de Jacques Dupont, le journaliste se livre dans son Choses Bues (paru aux éditions Grasset). On y apprend que le journaliste est un nez. Et pas n'importe lequel. Il nous raconte cette manie qu'il a de tout sentir, de l'odeur de cuir des fauteuils d'une vieille DS aux parfums agressifs d'un shampoing pour moquettes. Jacques Dupont aime - comme tous les journalistes vous me direz - mettre son nez partout. Lui n'a pas révélé de grands scandales, juste des choses incroyables qu'il a dégustées tout au long de sa passionnante carrière.

Publié le 11/06/2009
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